
Première Mini à arborer officiellement le badge Mini, la Mini De Luxe (modèle australien type YDO5) profite du succès commercial de la 850, et concentre tous les efforts sur elle. Lancée en mars 1965, plus rapide et plus luxueuse, sans être franchement plus chère, et cette fois très différente des modèles anglais, ce modèle exclusivement australien bénéficiait de finitions plus soignées, de moquette et d’une peinture de meilleure qualité. Deux ans avant les autres marques britanniques vendues sur le marché local, elle est disponible avec un moteur de 998 cm³ / 40 ch à carburateur unique, dérivé de la spécification Elf/Hornet, et se distingue par son corps plus léger. Elle reçoit les vitres avant à manivelle tout en conservant les charnières de portes extérieures, se voit greffer des déflecteurs et a le levier de vitesses entre les sièges avant. Elle se démarque encore avec sa calandre type Cooper, d’une commande de boîte de vitesses déportée et adopte aussi la suspension Hydrolastic. L’intérieur de la Mini De Luxe, partagé avec la première Cooper australienne, présente des sièges plissés en vinyle expansé, offrant un confort accru grâce à des renforts sous les cuisses et un tapis assorti. Les points de montage des ceintures de sécurité à trois points à l’avant ajoutent une dimension de sécurité, rendant cette version encore plus attrayante pour les acheteurs soucieux de la performance et du confort.
Malgré des prévisions pessimistes, la Mini De Luxe a connu un franc succès commercial, s’imposant rapidement comme un choix privilégié pour les conducteurs australiens, avant d’évoluer vers la Mini K 1100 en 1969. Succès également renforcé par sa proximité avec la Cooper S, proposée à un prix à peine plus élevé que celui de la Cooper de 1962. Cette stratégie de marketing a permis de positionner les deux modèles comme complémentaires, attirant ainsi une clientèle variée.
Les ingénieurs australiens ont par ailleurs résolu de nombreux problèmes lors de la production de la Mini De Luxe. Un programme de développement local a en effet apporté de nombreuses améliorations, permettant de résoudre rapidement les problèmes identifiés. Ainsi, les fuites d’eau qui ont perturbé la production britannique pendant plusieurs années ont été rapidement corrigées. Des innovations comme l’introduction d’une calandre chromée en 1961 (à la place du modèle peint d’origine) pour éliminer un risque de corrosion. Les ingénieurs australiens ont également dû remédier à l’affaissement des sièges et concevoir un roulement à billes plus résistant suite à la rupture de plusieurs vilebrequins avant.
















